Francois Pohu-Lefèvre

François Pohulefevre

A trop porter notre regard vers les hauteurs, nous ignorons allègrement ce qui se passe au ras du sol et c’est sans doute là une faiblesse de notre conscience. Il y a pourtant quelques hommes qui savent donner des yeux à leurs pieds et qui profitent, à leur façon, des détritus qui jonchent nos trottoirs

Baudelaire comparait l’artiste moderne à un chiffonnier trouvant son bonheur dans les poubelles de la grande ville, métaphore filée que François Pohu Lefèvre applique au pied de la lettre: mégots, papiers gras, préservatifs usagés, tout est bon pour nourrir son projet.

Une seule condition par lui-même fixée : que ses objets tiennent au creux de sa main. A partir de là peut commencer son processus de réhabilitation de ces matériaux humiliés. Bien qu’il ne corrige jamais la forme ni la matière, il les photographie comme d’autres le feraient avec des bijoux en argentique ainsi que fond sur lequel ils apparaîtront. Il scanne ensuite les négatifs en haute définition et les retouche sur son écran, ce qui permettra des agrandissements qui aboutiront à des véritables tableaux.

Môma